[Patrimoine] Les 250 ans de la route rectiligne La Flèche – Saumur

09 Mar 2021

Habitants du Baugeois, nous sommes nombreux à emprunter cette route pour nous rendre à La Flèche ou à Saumur. Le caractère rectiligne de son tracé ne nous interpelle plus et fait partie de notre quotidienneté… Et pourtant, l’ancienne « grande route » était plus sinueuse, étroite, boueuse, poussiéreuse suivant les saisons.

Pour preuve, laissons la parole à l’assemblée des notables de Baugé qui se plaignent en 1758 : les chemins sont « impraticables l’hiver et une partie du printemps et de l’automne ». A cause de cela « il ne se fait aucun commerce dans la dite ville ». « Il n’y passe ni carrosse, ni aucune voiture publique, point de rivières navigables, sans poste publique, enfin c’est une ville isolée et qui n’a pour ainsi dire aucune communication avec les grandes villes».

En 1765, comme rien ne change, la municipalité se fait plus pressante et ne demande plus des réparations mais « qu’il fut fait des chemins qui donnassent à cette ville une libre communication avec celles d’Angers, Beaufort, Saumur, Le Lude, La Flèche et Durtal ». Si tel était le cas, « le commerce, actuellement si gêné dans ce pays, s’animerait infailliblement. L’émulation engourdie du cultivateur se réveillerait ». Cette pétition semble produire enfin quelques effets : cela se traduit par une ordonnance du 1er septembre 1767 de l’Intendant de la Généralité qui nous apprend « qu’il plaît à sa Majesté que les habitants de cette ville travaillent par corvée à la nouvelle route de la Flèche à Saumur dont l’ouverture (du chantier) doit être commencée mardi prochain ». On procède donc à la nomination de cinq responsables « pour conduire les corvoyeurs ».

Trois ans plus tard, le 15 septembre 1770, la nouvelle route semble praticable puisqu’un contrat de messagerie est signé avec un « voiturier par terre » pour le tronçon Baugé-Saumur à partir du 1er janvier 1771. Cette même date figure dans un autre contrat du 31 décembre 1770 pour la partie Baugé-La Flèche. Nous pouvons donc affirmer que cette route fut mise en service officiellement le 1er janvier 1771 et que son âge est de deux siècles et demi en ce début de l’année 2021.

Jean Edom